Tuberculose

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La tuberculose est une maladie causée par la bactérie mycobacterium tuberculosis, plus souvent appelé bacille de Koch (nom du médecin allemand l’ayant découvert en 1882, Robert Koch). Cette maladie atteint communément les poumons, mais peut cependant affecter d’autres parties du corps (tuberculose extra-pulmonaire). Si non diagnostiquée et non traitée, la tuberculose peut être fatale. Bien que très présente avant le 19e siècle, les cas de tuberculose active ont diminués drastiquement depuis la révolution industrielle, notamment avec la découverte des antibiotiques, mais aussi et surtout avec l’amélioration de l’hygiène et de la prévention.

Une personne atteinte de tuberculose peut propager la bactérie dans l’air par la toux ou l’éternuement. Le bacille voyagera ainsi dans de minuscules gouttelettes et pourra contaminer des personnes inhalant par inadvertance l’air contaminé.

bulle

Ces cas « contacts » ne développeront pas d’emblée la maladie. En effet, la plupart du temps, le système immunitaire pourra lutter contre l’agent pathogène. Dans d’autres cas, la bactérie se mettra en état de dormance dans les tissus pulmonaires. C’est ce qu’on appelle une tuberculose « latente ». Cet hôte, qu’on appelle un « porteur sain », sera donc plus à risque de développer la maladie « active » un jour (5 à 10% de chance).

poumons

La tuberculose est très présente dans les pays en voie de développement. Des continents comme l’Afrique, l’Asie, et l’Amérique du Sud sont particulièrement touchés. Près du tiers de la population mondiale serait atteinte d’une tuberculose latente. Ici en Amérique du Nord, les cas de tuberculose sont plus souvent décelés chez les immigrants. Plus près de chez nous, au Québec, il y a un endroit où on voit encore des épidémies de tuberculose : le Nunavik, dans le Grand Nord québécois…

inuit

La population inuite du Québec vit isolée dans des petites communautés où la promiscuité et le manque de logement augmentent les risques de propagation de la tuberculose. Aidant à soigner ces malades, les infirmiers et médecins sont à risque d’être contaminés par la bactérie. C’est vraisemblablement lors d’une de ces épidémies de tuberculose que j’ai sans doute été infecté par le bacille de Koch, moi qui ai travaillé souvent dans ces communautés inuites.

C’est lors de mon dernier séjour au Nunavik que j’ai eu la bonne nouvelle. Travaillant dans le village de Salluit, où une épidémie de tuberculose avait lieu, j’ai dû passer le test cutané par précaution. Le test de Mantoux consiste à injecter une portion inactive de la bactérie de la tuberculose sous la première couche de la peau. Une réaction inflammatoire positive (plus de 10 mm) à ce test signifie que la personne a été antérieurement infectée par le bacille de Koch. Voici ma conversion positive à 28 mm au test de Mantoux :

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Suite à un test cutané positif, la personne doit avoir une consultation médicale. Le médecin prescrit alors une radiographie pulmonaire afin de s’assurer que la tuberculose n’est pas active. Si, comme moi, la personne n’a pas de symptômes et que ses poumons sont normaux, une décision doit être prise quant au choix de traitement.

Pour ma part, la perspective d’une vie intime avec Koch ne m’emballait pas tellement.

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Je ne me voyais guère partager mon quotidien avec ce bacille qui s’était immiscé chez moi sans invitation. Et, plus encore, je ne voulais pas prendre la chance que ma santé se dégrade et que Koch prenne toute la place.

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Selon les spécialistes de la Santé publique consultés, la chance de développer une tuberculose active était, en ce qui me concerne, un risque possible. Donc le traitement pharmaceutique en prophylaxie s’imposait. J’ai décidé de prendre les grands moyens et consulter le Docteur Zen, médecin en poste à Salluit.

Deux choix s’offraient à moi :

Choix #1

INH (Isoniazide) : traitement de 9 mois

Effets secondaires : éruptions cutanées, perte d’appétit, hépatite

Bénéfices : 98% de chance d’éliminer Koch complètement de mon système.

Choix #2

Rifampicine : traitement de 4 mois

Effets secondaires : urine teintée orange, larmes teintées oranges, fatigue

Bénéfices : traitement moins long, moins d’effets secondaires que l’INH… mais % d’efficacité moindre que l’Isoniazide.

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 C’est surprenant au début, mais on s’habitue au pipi orange. Autre aspect désagréable du traitement au Rifampicine est pour les gens porteurs de verres de contact, car cet antibiotique colore aussi les verres couleur orange via les larmes… C’est pourquoi il est déconseillé de porter des lentilles cornéennes pour la durée du traitement. Ce sont tous des petits inconvénients, somme toute, mineurs. Car en bout de course, ce qui est important est de se débarrasser du bacille de Koch… définitivement.

CERCUEIL

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6 réflexions sur “Tuberculose

  1. mercier dit :

    toujours cet humour et ces illustrations, j’adore merci

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  2. Merci pour les infos, c’est toujours très pertinent !!! Et pour la suite ? Nouveau test de Mantoux ou ce sera encore positif vu l’infection antérieur ?

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    • Salut Dominic! Une fois que le test de Mantoux est positif, il est déconseillé d’en subir d’autre, car risque de réaction sévère, même de nécrose tissulaire. Donc pour ceux qui ont eu une conversion positive, ce qui reste comme tests diagnostiques sont l’examen médical (revue des symptômes par systèmes), radiographies pulmonaires, analyse des expectorations (BK) et le test sanguin « Quantiféron ».

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  3. Line dit :

    Bj, très bien expliqué et agréable à lire. Je suis infirmière, j’ai été en contact avec un patient tuberculeux pendant qques semaines sans que l’on sache qu’il avait la tuberculose. J’ai donc eu le droit à une IDR + à 18mm / RP avec petite image sommet poumon gche / quantiféron + / scanner thoracique montrant la petite fibrose non évolutive. Dois-je prendre un traitement ? si je tousse, dois-je penser tuberculose ? puis-je travailler dans tte les spécialités ? la tuberculose latente, l’a t’on tte notre vie si pas traité ?
    Merci pour votre réponse

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    • Bonjour Line,
      Ce n’est pas de chance votre histoire, mais c’est malheureusement un risque de notre métier nous qui sommes exposés à des pathogènes de tous ordres. Concernant vos questions en lien à votre situation personnelle, je vous conseil de vous référer à votre médecin qui saura vous proposer les options thérapeutique en lien avec votre situation clinique. Personnellement, j’ai pris le traitement afin de diminuer les risques. Une tuberculose latente n’est pas une tuberculose active, donc tant que vous n’avez pas de symptômes, les risques de contagions sont nuls. De ce fait, aucun problème à mon avis, niveau travail. Une tuberculose latente confirmée signifit que le bacille de la tuberculose est en dormance, donc pourrait resurgir si le système immunitaire faiblit.

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